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Après Dakar et Saint-Louis, visite officielle de la Ministre de la Justice à la Maison d’Arrêt et de Correction de Mbour

Madame Yassine Fall, ministre de la Justice, Garde des Sceaux, a effectué ce jeudi 26 mars 2026 une visite officielle à Mbour, couvrant successivement le Tribunal de Grande Instance et la Maison d’Arrêt et de Correction (MAC). Cette démarche de terrain s’inscrit dans une volonté affirmée d’appréhender directement les réalités de la chaîne judiciaire et pénitentiaire.

La délégation était composée du Gouverneur de la Région de Thiès, du Premier Président de la Cour d’Appel de Thiès, du Procureur général près la Cour d’Appel de Thiès, du Directeur général de l’Administration pénitentiaire, du Préfet de Mbour, du Président du Conseil départemental, du Maire de la ville de Mbour, des Directeurs de l’Administration centrale, des Chefs de juridiction et de parquet ainsi que d’une délégation ministérielle.

Une juridiction sous pression

La visite a débuté au Tribunal de Grande Instance, où le Premier Président a présenté à la délégation les contraintes auxquelles la juridiction est confrontée : sous-effectif en personnel, insuffisance des équipements et inadaptation des locaux face à l’accroissement soutenu du contentieux. Des défis structurels qui appellent des réponses urgentes.

Une MAC en surpopulation chronique

À la MAC de Mbour, la délégation a reçu une présentation détaillée de l’établissement. Structure initialement conçue pour accueillir des infractions relevant du seul Tribunal d’instance, la MAC a vu sa population carcérale croître de façon continue depuis l’installation du Tribunal de Grande Instance en 2018. L’établissement fonctionne avec un effectif de 81 agents pénitentiaires, soit un ratio de surveillance de 1 pour 12, très en deçà de la norme nationale de 1 pour 5.

Des efforts ont néanmoins été consentis pour améliorer les conditions de vie et de travail : travaux d’infrastructure, acquisition d’équipements, renforcement de la vidéosurveillance et de la sécurité, installation de systèmes d’alarme. Ces réalisations, financées sur fonds propres ou avec l’appui de la Direction régionale et de la Direction générale de l’Administration pénitentiaire, témoignent d’une volonté d’agir dans un contexte de contraintes budgétaires réelles.

Une écoute directe des détenus

Moment fort de la visite, les échanges directs de la ministre avec les détenus ont permis de recueillir leurs doléances : longueur excessive des détentions préventives, recours trop fréquent aux mandats de dépôt, rareté des mesures de liberté conditionnelle, insuffisance du personnel, mais aussi des préoccupations concrètes touchant aux conditions de détention — élargissement de l’infirmerie, mise à disposition d’une ambulance, meilleure prise en compte des personnes en situation de handicap.

Des engagements fermes

Au terme de la visite, Madame la ministre a tenu un point de presse au cours duquel elle a exhorté le personnel pénitentiaire à toujours plus de patience et d’humanisme à l’endroit des personnes détenues. Elle a également réaffirmé les priorités de son action, à savoir, le renforcement des infrastructures pénitentiaires, l’amélioration effective des conditions de détention et de travail du personnel, la promotion des alternatives à l’incarcération : autant de chantiers sur lesquels elle a exprimé une détermination claire. Madame la ministre a conclu en rappelant l’ambition de l’État de bâtir une justice plus équitable, plus efficace et plus humaine, respectueuse de la dignité des personnes privées de liberté et résolument tournée vers leur réinsertion sociale.