Protection de l’enfance : Me Moussa Sarr et l’UNICEF veulent renforcer leur coopération
Code de l’enfant, violences en ligne, signalement des abus… Reçu ce vendredi 09 octobre 2026 par le ministre de la Justice, Me Moussa SARR, le représentant de l’UNICEF au Sénégal, Jacques BOYER, a remis sur la table plusieurs chantiers sensibles de la protection des mineurs. Avec, en ligne de mire, l’accélération des réformes et l’extension des dispositifs de prise en charge.
La protection de l’enfance ne se joue pas uniquement dans les tribunaux. Elle se construit aussi dans les familles, les quartiers et sur les écrans. C’est autour de cet enjeu que le ministre de la Justice, Garde des Sceaux, Me Moussa Sarr, a reçu une délégation de l’UNICEF, conduite par son représentant à Dakar, Jacques Boyer, en présence de la Directrice générale de la Protection judiciaire et sociale.
Au menu de cette visite de courtoisie, plusieurs dossiers qui attendent désormais de franchir une nouvelle étape. À commencer par le Code de l’enfant, dont le processus d’adoption reste un chantier majeur. L’UNICEF a réaffirmé sa disponibilité à accompagner les autorités sénégalaises dans les échanges nécessaires à l’avancement du texte. Le ministre en a pris acte et a promis de lui revenir prochainement pour échanger sur le projet de code.
L’autre urgence est la protection des enfants dans l’espace numérique. Un projet de loi consacré à cette question a déjà été élaboré, mais doit encore faire l’objet d’une relecture avant son adoption. Un chantier qui s’inscrit dans une préoccupation plus large qui est d’adapter les mécanismes de protection aux nouvelles formes de vulnérabilité auxquelles les mineurs sont exposés.
Sur le terrain, l’UNICEF mise également sur RapidPro, une plateforme permettant de signaler par SMS les cas d’abus et d’exploitation des enfants. Déjà opérationnel à Pikine, Guédiawaye, Ziguinchor et Tambacounda, le dispositif pourrait gagner d’autres départements. Me Moussa Sarr a jugé cette perspective digne d’intérêt, estimant que les infrastructures de base disponibles pourraient faciliter son extension.
Mais la réponse à la vulnérabilité des enfants passe aussi par le cadre dans lequel ils grandissent. Sur ce point, l’UNICEF défend la protection de remplacement en milieu familial, privilégiant le placement en famille plutôt qu’en institution. Une approche que le Garde des Sceaux considère comme davantage en phase avec les réalités sociologiques du Sénégal. Deux projets de textes, un décret et un arrêté, ont été préparés dans ce domaine, selon la Directrice générale de la Protection judiciaire et sociale.
Cette rencontre a également permis de faire le point sur le programme de coopération 2024-2028 entre l’UNICEF et le Gouvernement, ainsi que sur le plan de travail annuel 2025-2026. Celui-ci couvre quatre priorités : la protection de remplacement, le déploiement de RapidPro, la sécurité des enfants en ligne et l’élaboration de référentiels métiers pour les structures chargées de leur prise en charge.
Me Moussa Sarr a salué les résultats du partenariat et rappelé que la protection et la sauvegarde des enfants relèvent de la responsabilité de l’État. Il a également invité l’UNICEF à envisager le renouvellement du mécanisme de financement des urgences en faveur des mineurs.
Derrière les annonces et les projets de textes, un même défi se dessine, à savoir faire en sorte que les engagements institutionnels se traduisent par une protection plus accessible et plus efficace pour les enfants, partout au Sénégal.






