Justice : Me Moussa SARR lance un dialogue annuel avec les organisations de la société civile
Justice : Me Moussa SARR lance un dialogue annuel avec les organisations de la société civile
Le ministre de la Justice, Garde des Sceaux, Me Moussa SARR, a lancé, ce mercredi 21 octobre à Dakar, la première Journée annuelle de dialogue entre son département et les organisations de la société civile. Un cadre destiné à faire remonter les préoccupations du terrain, améliorer les politiques publiques et assurer un suivi concret des engagements de l’État.
La confiance ne se décrète pas. Elle se construit. C’est autour de cette conviction que Me Moussa SARR entend installer les relations entre le ministère de la Justice et les organisations de la société civile. En lançant la première édition de leur Journée annuelle de dialogue, le Garde des Sceaux a défendu une approche fondée sur l’écoute, la concertation et la recherche de résultats tangibles.
Institué par arrêté du 1er octobre 2026, ce rendez-vous s’inscrit dans les orientations de l’Agenda national de transformation « Sénégal 2050 », notamment en matière de droits humains, de démocratie et d’État de droit. Pour le ministre, l’enjeu dépasse la tenue d’une rencontre institutionnelle : il s’agit de faire du dialogue un outil permanent de gouvernance.
« Une démocratie mature ne craint pas le regard critique. Elle en tire profit », a-t-il soutenu, en soulignant le rôle de la société civile dans la surveillance des scrutins, la défense des libertés et la promotion des droits fondamentaux. Les organisations citoyennes, a-t-il rappelé, donnent une voix aux populations peu entendues, documentent les violations et interpellent les pouvoirs publics.
Mais le partenariat revendiqué suppose des garanties. Me Moussa Sarr a réaffirmé la nécessité de préserver un environnement favorable à l’action des défenseurs des droits humains, dans le respect des libertés d’expression, d’association et de réunion. Il a également insisté sur le caractère participatif et inclusif du dialogue, qui devra intégrer aussi bien les grandes coalitions que les associations de terrain, les femmes, les jeunes, les personnes handicapées, les détenus et leurs familles.
L’accès à la justice en ligne de mire
Au-delà des principes, le ministre a dressé la liste des chantiers sur lesquels l’État attend les contributions de la société civile : rapprochement de la justice des justiciables, réduction des délais de traitement des affaires, limitation de la détention provisoire, lutte contre les violences basées sur le genre, protection de l’enfance et amélioration des conditions de détention. La lutte contre la corruption et l’impunité figure également parmi les priorités évoquées.
L’accès au droit des personnes démunies constitue un autre point sensible. Pour Me Moussa Sarr, aucun citoyen ne devrait renoncer à se défendre faute de moyens ou d’informations. Les maisons de justice, l’aide juridictionnelle et l’assistance aux justiciables devront ainsi bénéficier d’un nouvel élan, avec l’appui des boutiques de droit et des parajuristes.
La bonne gouvernance est également au cœur de cette démarche. Le ministre a notamment cité les textes relatifs à l’accès à l’information, à la déclaration de patrimoine et à la protection des lanceurs d’alerte, dont l’efficacité dépendra, selon lui, de leur appropriation par les citoyens.
Un dialogue soumis à l’épreuve des résultats
Reste une question essentielle : comment éviter que cette initiative ne se réduise à une cérémonie annuelle ? Sur ce point, le Garde des Sceaux a annoncé un mécanisme de suivi. Chaque année, un rapport devra rendre compte de la mise en œuvre des recommandations formulées, en précisant les progrès réalisés et en expliquant les éventuels retards.
Les travaux de cette première journée devront notamment permettre de définir les règles de représentativité, les modalités de conduite des débats et les priorités du cadre de concertation. Un mémorandum présenté par les délégués de la société civile servira de base aux discussions.
En ouvrant ce chantier, Me Moussa SARR place donc la barre sur un terrain concret : celui de la capacité des institutions à écouter les critiques, à y répondre et à traduire les recommandations en actes. Car, comme il l’a rappelé à l’occasion de la Journée africaine des droits de l’homme, proclamer des droits ne suffit pas. Encore faut-il les rendre effectifs dans la vie quotidienne des citoyens.





