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Lanceurs d’alerte : Me Moussa Sarr mise sur une protection renforcée

Le ministre de la Justice, Garde des Sceaux, Me Moussa SARR, a plaidé, mercredi 21 octobre à Dakar, pour une protection effective des lanceurs d’alerte. Présidant, au nom du chef de l’État, l’ouverture du séminaire international consacré à la mise en place d’un cadre juridique efficace et respectueux des droits, il a rappelé que dénoncer une fraude ou un détournement ne devait pas exposer les citoyens à des représailles.

« Avant d’être une question de droit, l’alerte est un acte de courage, mais surtout de responsabilité », a souligné le ministre, insistant sur le devoir de l’État de protéger ceux qui contribuent à la défense de l’intérêt général.

Le Sénégal s’est déjà doté d’un dispositif avec la loi n° 2025-14 du 4 septembre 2025. Celle-ci prévoit deux voies de signalement, auprès d’un référent interne ou directement auprès de l’Office national de lutte contre la corruption (OFNAC). Elle garantit également une protection contre les représailles aux lanceurs d’alerte qui respectent la procédure et prévoit une récompense de 10 % des sommes recouvrées lorsque le signalement aboutit à une condamnation.

Préserver les droits de toutes les parties
Me Moussa Sarr a toutefois insisté sur la nécessité de concilier la protection des lanceurs d’alerte avec les droits des personnes mises en cause. « L’alerte sert l’intérêt général ; la délation sert une rancune ou un intérêt particulier », a-t-il rappelé, soulignant l’importance de distinguer le signalement responsable des dénonciations motivées par des intérêts personnels.

Les échanges doivent notamment permettre de clarifier les rôles des médiateurs, des autorités compétentes et des procureurs, mais aussi de renforcer la confidentialité des signalements et le respect des délais de traitement.

Les recommandations issues de ce séminaire, qui réunit des acteurs judiciaires et des médiateurs de l’espace francophone, alimenteront l’élaboration des décrets d’application de la loi sénégalaise de 2025. Pour le Garde des Sceaux, l’objectif est clair : faire en sorte que le courage de dénoncer des faits répréhensibles soit un acte protégé par le droit, et non une prise de risque.