Lutte contre le terrorisme : Me Moussa SARR plaide pour une meilleure exploitation judiciaire des preuves du champ de bataille
Le ministre de la Justice, Garde des Sceaux, Maître Moussa SARR, a insisté sur la nécessité de mieux organiser le passage des preuves recueillies sur les champs de bataille vers les juridictions. Il s’exprimait ce mardi 6 octobre 2026 à l’ouverture d’un atelier régional consacré à cette problématique, avec la participation de magistrats, enquêteurs, experts et officiers de quatorze pays d’Afrique de l’Ouest et du voisinage.
Face à la progression de la menace terroriste dans la région, les forces de défense et de sécurité sont souvent les premières à recueillir des téléphones, ordinateurs, documents, armes ou encore des données biométriques. Ces éléments peuvent être déterminants pour les procédures judiciaires, mais leur exploitation reste confrontée à des difficultés liées notamment à l’absence d’harmonisation des procédures et à une coordination encore insuffisante entre militaires, enquêteurs et magistrats.
Pour le Garde des Sceaux, trois exigences doivent guider cette démarche : lutter contre l’impunité, garantir la traçabilité et l’admissibilité des preuves, et respecter les droits de l’homme. Il a notamment rappelé qu’une preuve doit pouvoir être retracée depuis sa collecte jusqu’à sa présentation devant le juge, sans compromettre les garanties d’un procès équitable.
Me Moussa SARR a par ailleurs plaidé pour une coopération judiciaire régionale renforcée. Les groupes terroristes ignorant les frontières, les États doivent, selon lui, faciliter le partage des éléments de preuve et accélérer les mécanismes d’entraide judiciaire. Il attend ainsi de cet atelier des solutions pratiques, adaptées aux systèmes juridiques nationaux et directement applicables.






