Maisons de justice : l’État met fin à la précarité des 28 coordonnateurs
Ils rapprochent la justice des citoyens, règlent des conflits à l’amiable et désengorgent les tribunaux. Mais pendant des années, 28 coordonnateurs de Maisons de justice ont exercé sans intégrer la fonction publique. Sous l’impulsion du ministre de la Justice, Garde des Sceaux, Me Moussa SARR, l’État a décidé de régulariser leur situation.
La justice de proximité réclamait aussi sa justice sociale. Après plusieurs années d’attente, l’État a décidé d’intégrer dans la fonction publique les 28 coordonnateurs de Maisons de justice jusque-là laissés dans la précarité. Une décision qui vient mettre un terme à une situation longtemps dénoncée par ces professionnels du droit, pourtant indispensables au fonctionnement de ces structures.
Sur les 33 coordonnateurs que compte le réseau national, seuls cinq avaient jusqu’ici bénéficié d’une intégration, selon les informations communiquées. Les autres, malgré leur engagement quotidien au service des justiciables, continuaient d’exercer dans des conditions professionnelles et sociales fragiles.
Une anomalie pour ces juristes qui, au quotidien, font vivre un dispositif destiné à rapprocher la justice des citoyens. Créées dans le cadre de la politique de justice de proximité, les Maisons de justice assurent des missions d’information juridique, de médiation, de conciliation et d’orientation des usagers. Elles permettent aussi de traiter certains différends sans passer nécessairement par les tribunaux.
Leur utilité n’est plus à démontrer. En mai 2026, l’Agence de presse sénégalaise rapportait que ces structures avaient contribué au recouvrement de plus de cinq milliards de francs CFA de petites créances et accueilli plus d’un million de personnes au fil des années.
Des années d’attente
Mais derrière les résultats du dispositif, il y avait une réalité moins reluisante qui est celle de coordonnateurs exerçant sans la stabilité professionnelle et les garanties sociales attachées à un emploi dans la fonction publique.
La question de leur intégration était déjà soulevée en 2022 auprès du Médiateur de la République. À l’époque, les représentants des coordonnateurs réclamaient une solution à une situation qui perdurait malgré les démarches entreprises auprès des autorités.
En novembre 2025, le collectif des coordonnateurs avait de nouveau dénoncé les inégalités de traitement entre les agents intégrés et ceux qui ne l’étaient pas, notamment en matière de rémunération, de protection sociale et de perspectives de carrière.
L’intégration annoncée des 28 coordonnateurs, sous l’impulsion de Me Moussa SARR, constitue ainsi une réponse à une revendication ancienne. Elle vient reconnaître le travail de ces professionnels qui, malgré des conditions précaires, ont continué à assurer leur mission au service des populations.






